Le beuuug des idoles

23 juin 2006

melting-post

Hop on débarque à l’aéroport de Bangkok avec une libido d’enfer, et tout ce qu’on y voit c’est des connards de chinetocks en tee-shirts jaunes. C’est bien plus tard, après beaucoup de retournements de situations, que Guillaume allait se perdre dans les ruelles étroites du quartier des putes de la capitale de l’opium, du sexe et des taxis aux couleurs sympas.

Mais Guigui a une ethique, et il ne fera tout au long de ce séjour que de se toucher langoureusement sur diverses plages dorées de l’île de Ko Chang, en buvant des bières et fumant des clopes, ce qui est loin d’être évident, et rien que pour tout cela, il mérite un respect certain. Mais le but n’étant pas de raconter l’histoire des frustrations sexuelles de Guigui, passons, voire même ne nous attardons pas.

Koh Chang, c’est une île. Et comme le dirait Jean Grenier, les îles, c’est plutôt cool. Celle-ci, on y arrive sur un bateau branlant (n’y voyons là aucune allusion) et bleu. Il y a des palmiers, des plages de sables pas très fin, en tout cas moins qu’au GUATEMALA. Sur l’île de la tentation, les couples s’enlacent dans la mer, couples improbables, faits d’allemands aux gros ventres et de petites thaïlandaises, ou de comtesses et de roturiers.

C’est moi le roturier ? Je confirme, petites thaïlandaises aux cortex, ma foi, d’un fort beau gabarit. Mais pendant ce temps, enfin pendant que Gros buvait de la bière en chantant des chansons qui parlaient d’amour et de fantasmes romantiques assouvis ou pas, et bien la pluie tombait sur le pays, sur le continent entier (« mais non une île c’est pas un continent ! »), et nous sombrions parfois dans une amère mélancolie lorsque le Jimi Hendrix de Ko Chang masturbait (n’y voyons là aucune allusion) sa guitare éléctrique en criant cocaïne, cocaïne. Une superbe jeune fille d’origine irlandaise se faisait tripoter, non loin de là, par un français ivre et, ma foi, très désagréable puisqu’il voulait casser le nez de Gros, qui défendait Marie se faisant traiter de connasse à juste à côté.

Mais la Thailande, c’est aussi et ne l’oublions point, Bangkok, où pour satisfaire les besoins hormonaux des deux jeunes hommes efféminés, on se retrouve dans un club où de jeunes demoiselles jouent au ping-pong avec des morceaux de bananes avec pour seule raquette leurs organes de nature génitale, où des thailandais étonnement bien membres tronchent dans de positions improbables de tous petits trous, thailandais égalemment. C’était très sympa.

Bangkok où, il faut le dire, nous avons été extrêmement bien accueillis par notre chère et tendre Mlle Girard, qui, malgré une somme de travail épouvantable, a trouvé le temps de faire quelques allers-retours au 7/11 afin de profiter intensément de la bière thaïlandaise qui est, ma foi, d’un fort beau gabarit. Hélène, souriante, joyeuse et enthousiaste qui, un soir de pleine lune, me coupasse ma chevelure de feu. Je n’ai plus. De cheveux.

Mais cependant, si parfois vous vous dites qu’on est de véritables obsédés de sexe dégoûtant, ça n’est pas notre faute parce que le roi prend des airs chastes mais il a 25 mioches braillants et faisant des affaires louches avec la mafia thaïlandaise. Et tout le monde essaie de nous tourner la tête, et de nous faire désirer les petites putes, tout est organisé, et les gros cochons foutrent dans des petites créatures aux airs minaudants, ça oui elles minaudent, elles font comme semblant de rien, mais au fond on sait ce qu’il y a de leur chatte (au fond). Et, je ne développe pas.

D’activité diverse en activité variée, nous devrons confesser de nombreuses heures passées dans le merveilleux appart d’Hélène à descendre des bouteilles de bières en attendant les matchs de la France. A deux heures du mat’ ici, n’importe quel mathématicien qualifié peut donc en déduire que ça fait pas mal de nombreuses bouteilles. Eeeh Sagnol, c’est lui qui a écrit le chateau de ta mère dit Hélène pendant que Guigui bave en cherchant le ballon sur l’écran, par exemple, entre autres exemples. On joue au tarot aussi, et pourquoi pas au petit bac, mais trop point n’en faut en effet car que ça peut entraîner des questionnements existentionnels de Louis sur sa propre intelligente de son cerveau. Et ça c’est risqué.

Et c’est fini de toutes façons.    Et si tu continues je te pisse dessus.

Guigui, Louis et Marie


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03 juin 2006

Nouvelles sans interet

C’est pas parce qu’on voyage pas qu’on a rien d’intéressant à raconter. Mais parfois, ça arrive quand même. Néamoins-très-constructif, mon âme généreuse me donne mauvaise conscience envers tous ces braves gens qui ne meurent pas de faim mais travaillent dans des bureaux. Ces malheureux toujours indulgents envers des lignes peu palpitantes donneraient géniteur et génitrice pour un peu de distraction. Et nous sommes tous dans le même bateau. Soyons solidaires.

Ici, tout va bien. Le soleil brille, il fait 45° degrés ! L’occasion pour tout le monde de ressortir ses petites tenues d’été et de flâner dans les rues. Petite ombre au tableau, de temps en temps, il y a de grosses tempêtes. A ne pas confondre avec les ventilos en pleine crise d’adolescence qui tentent régulièrement de voler de leurs propres ailes. Mais nous nous égarons. Ça bloque les aéroports, promène une douce couche de poussière dans la cuisine, envoie valdinguer les pots de fleurs, fait trembler les fenêtres et laisse l’eau couler sous la porte et former des flaques dans le living-room. Mais le principal inconvénient de ces pluies diluviennes, c’est qu’elles rafraîchissent nettement la température qui peut descendre jusque 34 degrés ! On a été obligés de ressortir les couvertures. Sinon, quand le soleil est de la partie, tout se passe bien. Tellement bien que l’on préfère passer notre nuit à profiter des températures estivales plutôt que de dormir d’un sommeil récupérateur après une rude journée. Non, personne ne geint, et si nous nous versons des baquets d’eau sur les vêtements, ou plongeons la tête dans le frigo, c’est juste parce que c’est amusant. On n’y pense pas assez, c'est vrai.

Bien le bisou les lapins, et a bientot pour de nouvelles aventures de gueudingues.

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16 mai 2006

Hahaha

"Dans certains pays en développement, la corruption fait partie de la vie quotidienne, qu'il s'agisse de pots-de-vin pour obtenir un passe-droit ou une autorisation, ou de détournements de fonds publics. Si les affaires retentissantes (les millions de Mobutu, le scandale du programme de l'ONU «pétrole contre nourriture» en Irak) attirent davantage l'attention, cette corruption au quotidien affecte aussi profondément le fonctionnement de la société. Elle est généralement considérée comme une gangrène, mais certains commentateurs y voient un bienfait. Ainsi, Samuel Huntington pouvait-il écrire: «En termes de croissance économique, la seule chose qui est pire qu'une société avec une bureaucratie rigide, trop centralisée, et malhonnête est une société avec une bureaucratie rigide, trop centralisée, et honnête.» Selon lui, la corruption mettrait de l'huile dans les rouages grippés par une réglementation excessive.

Si c'était effectivement le cas, les pots-de-vin et les passe-droits n'auraient effectivement que des effets bénéfiques. Mais ils seraient nocifs pour la société s'ils amenaient la violation de règles importantes. Une équipe de chercheurs a étudié cette question dans le contexte de l'obtention de permis de conduire à Delhi, la capitale de l'Inde. La réglementation officielle est destinée à s'assurer que seuls ceux qui savent conduire obtiennent leur permis. La corruption conduit-elle à donner leur permis à des conducteurs incompétents, ou ne sert-elle qu'à accélérer le processus pour ceux qui savent conduire ?

Pour le savoir, les chercheurs ont contacté 800 candidats au permis de conduire. Ils les ont répartis en trois groupes, au hasard. Au premier groupe, ils ont offert des leçons de conduite gratuites. Les membres de ce groupe conduisaient donc mieux que ceux des autres groupes. Au deuxième groupe, ils ont promis une récompense importante s'ils arrivaient à obtenir leur permis en trente et un jours, un jour de plus que le minimum légal entre la première démarche et l'obtention du permis. Les membres de ce groupe avaient donc une bonne raison de vouloir obtenir leur permis rapidement. Le troisième groupe sert de groupe témoin.

A la fin de l'étude, ils ont administré un test de conduite aux 800 candidats. Les résultats sont terrifiants pour quiconque pense prendre une voiture à Delhi : à la fin de l'étude, 76 % de ceux à qui une récompense était promise pour obtenir le permis rapidement l'avaient obtenu (contre 59 % dans le groupe de comparaison). Ils l'avaient obtenu en moyenne en trente jours, contre quarante-huit jours dans le groupe témoin. Mais ce n'est pas en apprenant à conduire qu'ils y étaient parvenus : à la fin de l'étude, 69 % d'entre eux ne savaient absolument pas conduire (la même proportion que dans le groupe témoin ; heureusement, les chercheurs ont offert des leçons gratuites à tous les participants à la fin du projet !). Parmi ceux à qui des leçons gratuites avaient été offertes au début du projet, 89 % savaient conduire. Malgré cela, la proportion de ceux qui avaient eu le permis était la même que dans le groupe témoin, et ceux qui l'avaient eu avaient dû attendre en moyenne cinq jours de plus, sans doute parce qu'ils avaient refusé de payer les pots-de-vin nécessaires. Dans ce cas, la corruption vide donc entièrement de sa substance une règle importante. Elle pervertit le système jusqu'à ce qu'il ne fasse absolument plus de tri entre ceux qui savent conduire et ceux qui ne savent pas.

Si la corruption est nuisible, comment la combattre ? La méthode traditionnelle consiste à contrôler les fonctionnaires, et à les sanctionner si ces audits révèlent des malversations. Une alternative est d'impliquer les citoyens eux-mêmes dans le contrôle de la corruption. Ben Olken, un jeune chercheur de Harvard, s'est posé la question de l'efficacité relative de ces deux méthodes. Le projet concernait 600 routes de campagnes financées par la Banque mondiale en Indonésie, et construites sous la supervision de comités locaux, corrompus de notoriété publique. Dans 300 villages, le comité a été informé que le projet serait audité régulièrement, et que les résultats seraient rendus publics. Dans 300 villages (choisis en proportion égale dans les villages avec et sans audit), les villageois furent invités personnellement aux réunions publiques d'information sur le projet, et à soumettre des commentaires anonymes. Pour mesurer la corruption, une équipe d'ingénieurs perce des trous dans les routes, et compare les matériaux (et les heures de travail) vraiment utilisés aux rapports fournis par le comité du village. En moyenne, dans les villages sans audit, 27 % des matériaux et du travail prétendument utilisés manquent à l'appel. Dans les villages audités, la proportion tombe à 19 %. Elle diminue tout particulièrement dans les villages audités où une élection est prévue. En revanche, il ne semble y avoir aucune différence entre les villages où la participation des citoyens a été encouragée et les autres.

La corruption mine la société en rendant ses règles ineffectives. La pression populaire et la peur de l'opprobre peuvent limiter la corruption, mais elles ne sont pas suffisantes pour la débusquer. Il est important d'allouer des ressources indépendantes à la détection de la corruption (et, comme l'histoire récente nous le montre, de ne pas compter sur les citoyens et dénonciations spontanées...)."

Esther Duflo est professeure au Massachusetts Institute of Technology (paru dans Libe, 15 mai)

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15 mai 2006

La meditation, yeaaaaaaaah

Mon stage de méditation est fini, je suis retour à la civilisation.

Pendant dix jours, j’ai du respecter les cinq préceptes de shila (moralité), c’est à dire ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas voler, ne pas consommer de substances intoxicantes (y compris les recharges de prise anti-moustiques, mon péché mignon), et enfin n’avoir aucune activité sexuelle (y compris avec les animaux, mon péché… ouais non.), ainsi que le « noble silence », c’est à dire un silence de la parole, des gestes, du regard, l’interdiction d’une quelconque distraction (lire, écrire, écouter de la musique, courir, aller au cinéma… non non non) et un emploi du temps aux premiers abords quelque peu effrayant (lever 4 heures du mat, 12 heures de méditation par jour, une pause petit dej à 6h30, une pause déjeuner à 11heures, une pause thé à 17h, fin de la journée à 21 heures).

Pour ce qui y’est des règles, comme je le pensais la cigarette ne manque pas une seconde (bien qu’Isabelle qui a arrêté de fumer il y a six mois m’ait bien fait marrer en me confessant son envie de clope pendant qu’elle méditait), rassurez vous cependant je me suis empressée de me remettre dans le droit chemin, et écris ces lignes cigarette aux lèvres ; pour le reste, j’ai écris des kilomètres dans ma tête et me suis chanté pas mal d’heures de chanson, ces deux choses manquant énormément bien que l’envie passe une fois l’interdiction levée. L’interdiction de tuer n’est pas tout le temps évidente à gérer quand les moustiques vous lance un duel (j’ai comme un doute sur « lancer un duel »), quand les scorpions et autres créatures qui ne mériteraient pas d’exister si le monde était parfait font des raves dans les couloirs mais il faut ce qu’il faut, et l’on garde son sang frais. Pour ce qui de la parole, on s’y fait également sans aucun problème, à part pour les blagues désespérantes qui s’entassent et qui vont bien devoir sortir, mes sincères confusions pour ceux qui auront à les subir. C’est plutôt au niveau pratique que cela devient contraignant. Nous nous sommes en effet retrouvées avec ma colloc dans une situation gênante alors qu’en rentrant pour me coucher je découvris sur le mur au dessus de mon lit une araignée mes aïeux, que dis-je, une mygale d’une taille tout simplement scandaleuse. Après avoir tenté d’attirer l’attention de ma voisine sur le monstre à l’aide de mouvements totalement inutiles, une pelle en plastique bleue à la main, et quelques fous rires décontenancés, je renonçis et m’adressa finalement à elle après une semaine de silence pour lui dire « we will have to sleep under cover tonight ». Satané Jack Bauer. Bref. Il n’y eut rien à faire, nous dormîmes à trois cette nuit là, et le lendemain, alors que je trouvai sur le mur une araignée d’un gabarit qui m’aurait fait déménager en France je la regarda dans les yeux d’un air méprisant et lui dit, désabusée, « si tu savais ma grande, j’en ai vu d’autres »…

Bref, bref, bref.

Le centre Vipassana, enfin celui là parce qu’il doit y en avoir cinquante en Inde, se situe à Mac Leod Gange (Dharamsala, Himachal Pradesh), à 2000 mètres d’altitude, ce qui constitue en soit une bonne raison de s’y rendre vu la chaleur installée plus bas.

Cet endroit, c’est la planète des singes. Ils sont partout. Et ils foutent un bordel monstre ces enfoirés, ils font n’importe quoi, des vrais gamins. De la balançoire sur les fils électriques, des dérapages sur le toit après la pluie, enfin la grêle, enfin les seaux de billes glacées, du toboggan acrobatique sur les toits en tôle de fer, mais la tôle ça peut pas être en plastique non je crois pas, pendant que l’on essaie de méditer. Ça n’empêche cependant en rien de se sentir particulièrement bien dans cet endroit verdoyant et frais, complètement coupé du monde, et la différence est notable parce que le monde indien, c’est quelque chose.

Le stage se divise en deux parties. Pendant les trois premiers jours, on pratique la technique Anapana, qui consiste d’abord à observer sa respiration au niveau des narines uniquement, puis sur une partie réduite du corps (triangle ayant pour pointe le bas des narines et pour base la lèvre supérieure), afin d’aiguiser son esprit, de lui apprendre à se concentrer. Evidemment, au bout de deux minutes, l’esprit s’échappe et des milliards de pensée se donnent à cœur joie de nous distraire. Ces pensées remuent le passé et modèlent le futur, et se divisent en événement plaisants et perturbants. Le but est d’apprendre à rester dans le présent, dans la réalité telle qu’elle est. Alors on recommence, on se re-concentre, l’esprit s’échappe à nouveau, on recommence… J’avouerais que ces premiers jours j’ai un tant soit peu cru devenir folle. J’avais l’impression de me dédoubler, physiquement et mentalement, et j’avais des hallucinations d’un fort beau gabarit tandis que dans ma tête résonnait la chanson des Fatals Picards « et je cours très très vite pour pas que je me rattrape, la voix elle me dit schizophrène, schizophrène tu vas trop vite… ». C’était quelque peu surprenant, et assez fatiguant je dois bien le dire.

Les premiers jours, il faut également s’habituer à la voix du guru Goenka qui résonne dans les haut-parleurs, et surtout à ses chants. Bien que le « mono », comme dirait Isabelle, nous ait prévenu en présentant le stage que ce n’était pas Franck Sinatra, c’est tout de même rude. On dirait un vieux bourré qui essaie de chanter la BO de Titanic à deux heures du matin dans son pastis. Pour garder son sérieux, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux. Bref.

On apprend ensuite la technique de Vipassana, c’est à dire observer les sensations sur le corps. Selon Gottama, Bouddha pour les intimes et inventeur de la technique, on se trompe en pensant que ce qui nous rend malheureux sont les événements extérieurs. Le processus se diviserait en quatre phases. On perçoit l’événement, on le juge bon ou mauvais, une sensation en découle et c’est notre réaction à cette sensation qui nous rend malheureux, heureux, ou tout autre dégradé de la gamme sentimentale. Le corps et l’esprit seraient en perpétuelle interaction. Il faut donc apprendre à observer les sensations sur notre corps sans y réagir, sans éprouver à leur égard ni avidité ni aversion, car la caractéristique commune de toutes les sensations est qu’elles apparaissent et qu’elles disparaissent, quelque soit leur intensité, quelque soit leur durée. Pendant sept jours, on s’entraîne donc à percevoir les sensations sur chacune des parties de notre corps séparément dans un premier temps, puis selon un flux libre du haut de la tête à la pointe des pieds, et inversement. Comme le corps puise dans ses réserves lorsqu’on arrête de lui donner de la nourriture, lorsqu’on ne réagit pas à une sensation, le corps va puiser dans ses réserves de réactions passées et fait remonter à la surface les négativités enfouies. C’est sans doute dur à comprendre expliqué en quelques lignes et je conçois que cela puisse vous paraître saugrenu voire très con, mais le fait est que ça marche. Je ne m’étalerai pas sur la manière dont cela se manifeste parce que c’est complètement personnel et diffère selon chacun mais je suis sortie de ce stage sereine et le cœur léger, vraiment. Bien sûr, ce n’est pas en dix jours que l’on repucelle son esprit, mais les changements sont notables, et pour le reste… Bah ça se travaille einh !

Mon souvenir le plus souffrance de cet apprentissage restera celui des séances, trois fois par jour, de « strong determination ». Ça fait peur hein ? Pendant une heure, il est obligatoire de garder les mains et les jambes complètement immobiles, et interdit de sortir de la salle, ce qui de toutes façons ne serait pas évident il faut bien le reconnaître. Je ne trouverai pas les mots pour décrire la souffrance qui vous envahi les premières fois où l’on arrive à respecter cela, c’est une douleur tout simplement insupportable, qui me rappela des souvenirs sportifs où l’on endure sans plus savoir pourquoi dans un état de semi conscience, et lorsque enfin on se relève à la fin de la séance, on ressemble à un pantin de bois complètement bourré qui vient de se faire violer par une horde d’animaux sauvages en rut. Bref, on va pas bien. Mais en même temps c’est durant ces séances que l’on travaille le mieux, parce que pour le coup, des sensations, on en a par paquets de foisons.

Quant à la dernière journée, je vais essayer de retenir tout cynisme dans les mots parce que ce ne serait pas honnête, parce que ce n’est pas comme ça que je l’ai vécu. A dix heures du matin, après une heure de méditation, le silence devait être rompu. Nous le savions toutes et pourtant une sorte d’appréhension nous empêchait de sortir de la salle. Je retrouve finalement Isabelle dehors, et n’oublierai pas ces quelques instants où l’on redécouvre le regard, nos yeux qui s’emplissent de larmes, comme lorsqu’on se retrouve en pleine lumière après des longues heures de noir, de simple réaction physique ou de simple émotion je ne sais pas trop, d’enfin regarder quelqu’un dans les yeux après dix jours à vivre reclus en soi même, d’échanger quelques mots timidement, ne pas savoir lesquels choisir, et finir par lâcher quelques « Bah c’était sympa non ? » « Ah ça ouais on s’est bien marrées » dans des fous rires nerveux. Tout le monde avait des sourires immenses sur la gueule toute la journée, il y avait des papillons partout, des petits oiseaux qui fredonnaient des airs niais, j’ai passé ma journée à sortir une bonne partie des blagues de merde que j’ai contenu pendant dix jours, à me marrer pour n’importe quoi, à hanter le centre en imitant la voix du guru « Staaaaaaaaaarrrt again ! »  et à chanter à plein poumons l’intégralité des dossiers cachés de mon répertoire musical. C’est très dur à avouer mais doux jésus qu’étais-je heureuse !

Bref, je ne suis pas devenue une sainte, que l’on se rassure, bien que je me sois fait très peur un soir où, alors que mes pensées vagabondaient, me vint à l’esprit l’expression dont je me sers habituellement pour exprimer mon courroux, à savoir « je t’encule ». Alors que ces mots innocents résonnaient dans ma tête, je m’aperçus avec effroi que je les trouvais vulgaires. Par Toutatis, m’exclamais-je, que m’arrive t-il ?! Mais je m’empressai aussitôt de les répéter en boucle quelques minutes et tout rentra dans l’ordre. Il s’en fallut de peu.

Bref, bref, bref.

Voilà, voilà ce serait tout et bien assez, sinon je suis rentrée à Delhi, il fait 40-45 degrés. Je ne dirai donc qu’une seule chose.

J’ai teeeeeeeeeeeeeeeellement chaud !!!

Bien le bisou les lapins.

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26 avril 2006

Fallait que je raconte une petite aventure a la con...

Sans grand interet certes, mais quand meme assez drole, tout de meme.

Il fut donc hier ou avant hier je ne sais plus je suis vacances, je me rendite a la plage au biais du petit chemin sableux et c'est alors que tout a coup je croisate un monsieur qui se mit a ma vue a s'affairer dans son slip, tous les indiens portent des slips. (Tous.) (Assez logique d'ailleurs, moins de tissu, coute moins cher) (Je suis d'ailleurs etonnee que le string n'est pas rencontré plus de succès que ca chez les hommes indiens). Bref, bref, bref. Je crute qu'il voulit seulement se delaisser de quelques surplus urinaires etant donne sa proximite d'un buisson, mais non, le goujat tendat soudainement son engin vers moi en criant "Excouse me! Excouse me!", et ce exactement avec la meme intonation habituelle ("Excouse me" est en effet entendu par l'etrangere esseulee en pays indien une quarantaine de fois par jour, il est souvent agressif a une oreille toujours sensible bien que rudement entrainée, repeté inlaissablement jusqu'a la retournation de la personne concernée, et precede souvent le non-moins courant "Vich country?").

Dans le doute, sait-on jamais peut-etre etait-il gravement blessé, je me retournite d'un oeil, et et le malodorant repeta "Excouse-me! Excouse-me! Are you hot?" d'un ton qui aurait parfaitement pu laisser penser a un badaud parisien que l'aimable homme lui demandait l'heure, s'il n'eut eté bien sur aiguillé par la presentation de la piece jointe.

Seigneur.

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22 avril 2006

S'il vous plait

Je suis a Auroville, c'est funcky, a part que j ai failli me faire ecrasee par un bus parce que je regardas a droite, on se refait pas, mais bon au moins j'ai pu constater qu'un bus indien, ca s arrete. Qui lustucru?
En fait le seul truc que j avais envie de dire c'est que je trainasse avec des belges, et que je recupere un accent du nord a une vitesse faramineuse, bichon pierrot j pense fort a toi, et qu'un belge sur un scooter ca dit "accelere tu vas voir ca va plus vite". Je surkiffe.
A plus les cactus

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21 avril 2006

A Mallalapuram aussi il y a des cafards dans les chambres

Dicton du jour :

"Si y en a un... Y en a pas qu'un"

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19 avril 2006

La FFR presente...

LA CONSIDERATION RACISTE DU JOUR

                                                  Aujourd'hui, les Indiens.

Mais ils sont degueus ces gens! Est-ce qu'on jette nos detritus par les fenetres du TGV nous??? Bon.

Ah bah ca, ils sont pas fait comme nous einh, c'est sur!

C'etait un message de la Federation Francaise du Racisme, parce qu'un peu de racisme de bon matin, ca fait du bien.

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18 avril 2006

Maaaaadurai! (c'est cense imite un cri de guerre japonais) (c'est mal fait)

Madurai est une grosse ville, donc par definition indienne peu reputee pour sa quietude ou meme sa folichonnerie, surtout quand il pleut toute l'apres-midi, mais Madurai a dans ses chambres d'hotel a 90 rs des cafards de taille scandaleuse (si tant est que ce soit des cafards, a vous dire le vrai je ne sais pas tres bien a quoi ressemble un cafard. Apres tout c'etait peut etre des rats) et Madurai a surtout un temple de ouf, ou de gueudingue, au choix.

Le temple de Madurai est l'image la plus representative que j'ai pu trouve de l'Inde. De la demesure, infatigable et eternellement surprenante demesure indienne. Les indiens sont completement tares, plus de doute. Que ce soit dans l'architecture (Douze tours vertigineuses -mais pourquoi y en a t-il autant?!- scultees de divinites, dont je ne prefere meme pas imaginer comment elles ont ete construites... ou alors la meme phrase, mais dans un francais correct), ou dans l'ambiance qui regne a l'interieur. La bande sonore y joue beaucoup, il faut bien le dire. Disons-le. Entre les auum diffuses par haut parleur en continu, les musiciens qui apparaissent de temps a autre de derriere une colonne, les fracassants jets de noix de coco sur la pierre (apres avoir fait tourne cette derniere au dessus de la tete), et les prieres murmurees par des centaines d'hindous qui se prosternent, colorent ou versent de l'eau sur des statuts de divinites, se font benir par des elephants...

Bref, un grand n'importe quoi frenetique, enivrant ou etourdissant, qui donne le tournis, parfois la nausee tellement c'est prenant.

Ah bah ouais einh, uncraidibeule einhdya.

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17 avril 2006

Kanyakumari

Qu'on se le dise, Kanyakumari c'est la classe parce que c'est la pointe sud de l'Inde, et que si on veut on peut se dire qu'on est au bout d'un des pontons du monde et se sentir dominant, mais sinon, Kanyakumari, c'est moche. En basse saison, donc en ce moment, la ville n'est peuple que de touristes indiens en masse, et comme toute ville de tourisme indien qui se respecte (cf Nainital), les etales des marches proposent des accessoires rivalisant de kitsh et n'ayant pour seul point commun que celui de la parfaite inutilite. Le must restant de loin les coquillages decores de petits messages fleur bleue a souhait tels que "love me" ou autres "i like you" (assez representatifs me semble t-il du niveau de la drague indienne). Petits messages qui plus est ornes de maaaagnifiques dessins de colombes, lapins, cygnes, enfin tous ces animaux qui s'aiment malgre la maladie. A propos de ce sujet douloureux, je tiens a signaler que le coq sportif a lance une campagne en faveur du port du preservatif animalier, "La grippe aviaire est une realite, poulets du monde entier, protegez-vous", qui fait un tabac dans les basse-cours indiennes. Bref.

Je n'ai donc pu m'empecher devant tant de romantisme de demander a un des marchands de ces coquillages sans pareils de m'en faire un "J'ai envie de te baiser" (que je m'empresserai bien entendu d'offrir a un de mes camarades en souvenirs de certaines soirees alcoolisees), et voir le monsieur s'appliquer a tracer ces lettres innocentes et decorer avec amour le coquillage restera sans doute un de mes meilleurs souvenirs de ce voyage. oui, je suis tres plaisirs simples.

Et de la a ce que le monsieur ne reproduise cet specimen unique pour le proposer aux eventuels touristes francais, il n'y a qu'un pas, et quiquonque connaissant un tant soit peu le vendeur indien sait que ce pas sera tres probablement franchi. Je ris, mais je riiis...!

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