15 avril 2006
Varkala
Varkala n'est que plaisirs d'enfant...
Varkala, c'est regarder ahurie les cocotiers ressortir de la nuit en gigantesques ombres chinoises pendant l'orage, voir danser des deesses endiablees aux robes bleues, jaunes et grises au dessus de l'ocean, et de temps a autres se faire foudroyer par un eclair qui dechire le ciel et se pose sur les vagues quelques secondes avant de disparaitre dans le noir, ne pas detacher ses yeux de la mer et du ciel qui clignotent sous des trombes d'eau, avec en bande sonore quelqu'un de tres maladroit qui demenage quelque part la haut. "It's like monsoon", que disait le monsieur.
Varkala, c'est des vagues plus dignes de ce nom que celles que l'on trouve a Goa, dans lesquelles on se jette inlassablement en sachant pertinement qu'on va ressortir titubante, recrachant la moitie de la mer, en moitie de mailot de bain et avec un sourire d'abrutie pose sur les levres quelques metres plus loin.
Varkala, c'est des boules de soleil couleur stabilo, celui qui n'est pas vraiment rose, pas vraiment orange, que l'on regarde du haut de la falaise lutter contre les nuages pour se poser tout au bout de la mer, la ou on a plus pieds, et vaut mieux sinon les requins les mangeraient.
J'aime bien Varkala...
11 avril 2006
Je trouve que...
Kochi, c'est naze
10 avril 2006
La loose (Pour Adrien)
Quand on parle du loup, il sort du trou...
Pour ma deuxieme nuit de suite dans le train (Apres Hampi-Bangalore, Bangalore-Kochi), je me suis rendue compte apres avoir consulte la liste des noms sur tous les wagons de sleeper que j'etais en waiting list. 253. Il aurait fallu que quelques bus explosent sur le chemin de la gare pour que j'ai une chance d'avoir une place. Malheureusement, les terroristes, c'est comme les flics, sont jamais la quand on a besoin d'eux.
Apres avoir fouille dans ses liasses de papier le controleur m'annonce que je suis not-confirmed. Tu m'etonnes. Loin de me decourager voire meme pleine d'entrain, j'en essaie un autre, sait-on jamais, l'espoir fait vivre... enfin toutes ces formules a la con, quoi. En vain. Pour mieux enfoncer le couteau dans le trou celui-la va meme jusqu'a noter N/C sur mon billet. C'est malin, je pourrai meme plus le trafiquer maintenant.
Il m'envoie donc au compartiment general ou je me rends comme une fleur de printemps (j'etais de tres bonne humeur hier, j'ai passe une journee tres agreable et reposante chez florence et denis, dans une vraie maison) et la tout de meme, je dechante. Trois wagons avec 18 personnes sur des banquettes de trois et le meme nombre au metre carre dans les allees. Glups, fis-je, no ways, ajoutais-je en francais.
Et n'allez pas croire que je fis ma difficile, un camarade indien dans une situtation similaire a la mienne refusa egalement cette option.
Retour au sleepers, coinces entre la porte, le lavabo, les gens qui passent et l'odeur des chiottes, un nouveau controleur verifie mon billet, sait-on jamais, l'espoir mon cul... Not a chance me dit-il en me le rendant. N/C. Sa chatte, me dis-je en pensant aux 13 heures a venir.
En gros, je vais pas non plus m'etaler en plaintes langoureuses, j'ai passe quelques heures assise par terre a boire du wisky avec mon nouvel ami, quelques autres a errer dans les couloirs endormis, sait-on jamais, l'espoir sa race... pour finir allongee par terre entre deux couchettes. Sachant que pendant que j'hantais les wagons, j'eus la joie d'apercevoir des petites souris courant gaiement sur entre les sacs. Je tente donc de penser positif afin de dormir quelques heures, cherche une image de souris gentille... Pas Mickey, il a une voix insupportable... Les souris de Cendrillon, tiens. Petites souris, promis, demain je me brosse les cheveux en chantant avec les oiseaux mais par priere laissez moi dormir.
Enfin, pour finir en beaute, je rajouterai que, qui plus est, je me suis fait niquer par cette suceuse de lepreux de madame d'agence de voyage qui m'a vendu des billets sleeper alors qu'on est suppose payer le complement que si l'on est confirmes, au controleur. Apres sept mois ici, si je peux me permettre, la honte.
07 avril 2006
Et ca continue encore et encore...
Me voici donc arrivee a Hampi-Palaiseau, et la chaleur s'en ressent. J'exagere, il y a une charmante petite riviere, mais entre les crocodiles et les sables mouvants, je n'ai fait que la traverser. Je suis une aventuriere.
Mis a part les rickshaw-wallas et les vendeurs (cartes postales d'un cote de la riviere, charras de l'autre) particulierement insistants, et le soleil dont les rayons me penetrent la tete bien profond, Hampi est un endroit magnifique. Speciale dedicace, ou speciale dedicasse... non ca c'est pour les pouffes. Bref, speciale dedicace a Mathieu sans qui je ne serais pas la aujourd'hui. Amen.
Hampi ressemble a un gigantesque parc d'attraction. Au centre, le Virupaksha temple et Hampi Bazar forment un mignon petit village, et sur une trentaine de kilometres autour, s'eparpillent des temples, des ruines d'anciens bazars, des magnifiques jardins, tout ca sur fond de cocotiers, plantations de bananes et d' enooormes rochers aux formes irreelles. On dirait un paradis grec. Bien que n'ayant jamais ete au paradis ni en Grece, je sois mal placee pour faire ce genre de comparaison, je... Je dis ca, j dis rien.
J'ai donc passe quelques heures hier apres-midi avec Ramesh, charmant petit guide aux etonnants troubles digestifs, a me promener dans ce grand cirque en ecoutant diverses anectdotes people sur la vie des dieux indiens et autres imitations de touristes anglais ("Ooooh, sooo cute" pour les femelles et "Crazy, man" pour ces messieurs), italiens et francais, ma foi fort reussites. Et le coucher de soleil du haut d'un rocher, bah c'est bien. (Je sais pas pourquoi je surkiffe les couchers de soleil et je suis bien incapable de l'exprimer).
Ma journee n'avait pourtant pas commence de maniere brillante, ou justement peut-etre trop. En effet, j'ai retrouve ici Igor (les commentaires douteux sur les noms de merde einh... bon), francais rencontre a Shapora, que j'ai decouvert docteur es plans foireux, qui nous a paumme dans la jungle sous le soleil de mdi a la recherche d'un lac a soit disant deux kilometres du village, Apres deux heures de marche et autres peripeties, nous avons finalement trouve le putain de lac (sachant que, suite a une morsure de vipere ou un accident d'helicoptere je ne sais plus, Igor est contraint de marcher sans chaussures. Sur un sol a une soixante-dizaine de degres, ca devient vite cocasse.) (Je n'avais en effet encore jamais vu quelqu'un marcher accroupi sur un torchon humide tenu a bout de bras) (C'est particulierement ridicule, qu'on se le tienne pour dit)
Bref, nous sommes finalement arrives au lac apres deux heures d'errance, lac certes tres beau mais puant le crocodile a plein nez (ca se dit ca?). Nous nous sommes donc affales en miette (une grosse miette), a l'ombre de rien, sur une route uniquement frequentee par de magnifiques jeunes petites demoiselles (j'ai pense a toi louis) portant sur la tete quelques tonnes de branches, et qui par ailleurs se foutaient bien de notre gueule. Sympa le panda.
Sinon, j'ai serre la main de cinquante eleves devant une statue geante de Ganesh apres que le directeur de l'ecole m'ait demande de poser "half looking at me, half speaking with the children" pour une belle photo souvenir. So cliche
A plus les prepus
04 avril 2006
Petit prince
Bonjour de fin d'apres midi,
moustique je vais te marave ta vie. (C. Baudelaire) (C., c'est pas pour Claude) (Ca, c'est un chanteur)
Bref.
Palolem les bains me trouvais-je actuellement, ou j'arrivate apres cinq bus pour faire moins de 100 km depuis Chapora. Incredible India. Palolem est une charmante petite plage de sable blanc, bordee de charmants petits cocotiers. Palolem c'est bien. Oui, je travaille en ce moment a la redaction d'un guide touristique. Bref
Palolem est la version de Goa pour les enfants ; moins de drogues, moins de drogues, ah sans les accents on voit pas la difference. comme quoi la langue francaise est bien faite, on ne le dit pas assez. d'ailleurs, la langue francaise est bien faite. Bref. le reggae remplace la trans, on apercoit encore la peau des gens sous les tatouages, les gens parlent plus vite, ne poussent que tres rarement des cris saugrenus, il y a moins de francais. Les petites filles jouent au foot avec la mer, les marcassins jouent au foot tous seuls, bref, c'est bon enfant. Ce serait plus clair avec des photos, je l'admets, cependant mon appareil est francais, et en ce moment, cpe oblig... bref.
En fait j'ai rien de drole a raconter, je suis en phase intellectuelle de ma vie. Haha. Ah bah si j'ai des trucs droles a raconter finalement.
Bref. Palolem, c'est beau, les couchers de soleil, c'est beau, et puis de toutes facons vous y etes pas donc vous en avez rien a foutre.
Bien le bonsoir
(ps : en effet, le titre n'a rien a voir)
30 mars 2006
La grandeur de la France
Ont debarqué hier quelques petits bijoux de la marine française a Goa, dont le Charles de Gaulle, et le sous-marin Saphir. Ont debarqué hier a Goa, et ce pour trois jours, près de 3.000 marins français. Les marins français sont fabuleux. Chaque phrase, que dis-je, chaque mot est une citation. Loin de moi bien sur l'idee de rabaisser la marine française, bien qu'ils affirment eux meme que c'est de la merde, ils etaient en effet tous completement torchés, apres une escale anterieure a Djibouti apparament pas super palpitante ("Djibouti c'est completement pourri". Bon, ça c'est dit), ce qui certes n'excuse pas tout mais peut parfois expliquer certains comportements ou dires etonnants. Bref, les marins francais sont incroyables, au vrai sens du terme. "Ca fait combien de temps que t'es ici?... Et tu le faisais ou ton stage?... Delhi?... c'est une capitale non?... C'est la capitale de quoi?. Ou bien des formulations anglaises que je n'ai a mon grand desespoir jamais reussi a atteindre "Where do is life?" (Ou résides-tu, en français).
Enfin bref, j'appris ainsi que dans la marine on a des horaires pourris, et que j'ai eu pour l'honneur d'avoir pour interlocuteur l'homme qui "tu vois dans les films americains celui qui bouge les bras sur les porte avions pour que les mecs y puisse atterir? Eh bah c'est moi".
Eh bah on est pas dans la merde.
28 mars 2006
Bonjour, bonjour!
Mardi matin, en face de moi, la photo qui se trouvera mais je ne le sais pas encore, en dessous, a cote, au centre, qui sait?... de ce message. ca fait un peu peur. Je suis bien arrivee a shapora les bains, petit village au nord de goa, dont je promets de vous montrer des photos plus representatives. Il fait trentre degres virgule il fait chaud.
Ce matin j'ai pris mon petit dejeuner sous palmiers avec des anglais, saloperie d'accent de merde, purs produits du nord et du centre de l'angleterre, conclusion le nord ça va, le c
entre, quand je comprenais un mot, je comprenais par la meme pourquoi je ne comprenais pas les autres.
Bref. Shapora, c'est bien,c'est beau, c'est petit, c'est palmeteux, c'est scooterteux, empli de gens qui ne foutent pas grand chose, et qui font apparament ça depuis pas mal de temps. Rien a voir avec le nord de l'Inde. Mais je serai plus expansive de par les mots d'ici quelques jours, pour le moment je suis premiere phase de decouvertes.
J'ai mis en ligne comme disent les jeunes, quelques unes des photos de notre week-end a nainital, c'est marrant je suis tout sourire ironique des que j'ecris ou prononce le nom de cette ville...
Une fois n'est pas coutume je vais me permettre une reference privee, cette ville, c'est Le Crotoy indien. En gros, une ville pas tres tres jolie, avec des touristes pas hyper funcky, des marchés de merde, un temps pas terrible. Je pourrais aussi dire une ville ou on fait du pedalo-cygne et ou on viste des caves qui n'ont strictement aucun interet a part pour certaines ames a tendances pedophiles, ca resumerait aussi bien.
Bref, Naininal, un bon week-end de beauf comme on en fait pas assez.
Sur ce, je vais a la plage.
27 mars 2006
Il etait une fois Rishikesh... Y a deux semaines certes, mais les vacances ça desorganise...
Tout a commencé un beau jour de fin de mois de mars ou nous prîmes nos cliques et nos cloques pour nous rendre enfin a Rishikesh la belle. Se trouvaient dans la première fournée de bichons Sandrine, Milos et moi même. Milos, que l’on prononce Miloch ou Milouch selon l’humeur, est un aventurier tchèque que l’on peut d’ailleurs aussi bien appeler Miloud car comme le montre une étude très poussée, tous les tchèques peuvent répondre à ce prénom. Donc, Miloud, est un homme formidable qui trouve réponse à tout problème, d’ailleurs il a toujours un couteau sur lui, c’est pour dire.
Bref. Départ pour six heures de bus vers minuit de ISBT station, où nous finissons par trouver un bus local fleuri d’indiens caresseurs de pieds et de banquettes qui sautillent joyeusement au rythme des imperfections de la route. De quoi vous détruire un dos pour deux jours et d’arriver à la conclusion que, définitivement, on préfère le train. De loin.
Nous arrivons à Rishikesh sous couvertures vers six heures du mat, et errons dans les rues qui s’éveillent pour trouver un hôtel et finir une nuit tourmentée. Nous atterrissons finalement dans une sorte de guest-house familiale relativement très miteuse dont les draps, enfin le drap, n’a certainement pas été changé depuis quelques années, et où les cloisons permettent de jouir des petits bruits quotidiens qui font le bonheur de la vie et de l’amour, comme par exemple de doux raclements de gorge morveuse ou le délicatement écoulement d’une chasse d’eau. Tout cela agrémenté de gniards hurlants comme des poulets que l’on égorge. Faites de beaux rêves les enfants.
Bref, une première journée de visite en famille où Miloud caressa un veau, Sandrine porta un… j’allais dire un boa, comme ça, naturellement, mais j’ai bien peur que ce fut un python. Enfin, bref, les deux scènes étaient impressionnantes. Nous flanîmes donc dans les rues de Rishi la jolie sous un temps de Bretagne enrhumée, plus communément appelé temps de merde. C’était bien, instructif, complémentaire.
La deuxième journée, qui se trouva être un samedi, ce qui n’a aucune importance pour la suite de l’histoire, arrivèrent Marco, Louis, Robi, et Guigui. Ou comment ôter toute virilité à des prénoms qui ne le méritent pas. Après les avoir haï pendant une bonne heure et demi à chercher leur putain de ganga paradize guest house que personne ne connaissait, même à l’office de tourisme, je les retrouvate dans cette finalement charmante guest house fleurie, pour juste avoir le temps des les voir enfiler des shorts plus ridicules les uns que les autres et nous voilames partis pour une joyeuse après-midi de rafting.
Tout rafting commence comme de bien entendu par une mission « cap sur la rivière » qui se fit en camion-jeep, je ne sais plus, j’ai comme qui dirait un peu refoulé cet événement au tréfonds de mon inconscient. Nous étions sept, l’esprit le plus benêt peut en déduire que nos ne rentrions pas tous à l’avant de la jeep. Quatre d’entres nous se portèrent donc volontaires pour s’installer joyeusement sur le toit de l’engin. C’était affreux. Vite, vite, vite que ça allait, camions furieux que nous croisâmes sur ces routes étroites de montagne bordées de ravins. J’ai passé une demi-heure la tête entre les mollets de Miloud, désespérément accrochée au grillage, gémissant, pendant que cet abruti hurlait rieur de sa voix de tchèque « faster, faster ». Je résumerais cet instant de souffrance intense par une phrase que j’eus, tout droit sortie de mon petit cœur paniqué ; « Guigui remets ton genou dans ma chatte ce sera peut-être le dernier ! ». Bref, bref, bref. Le rafting était finalement bien moins éprouvant, les rapides étaient très amusants et nous passâmes le plus clair de notre temps à laisser Miloch et le guide ramer pendant que nous chantions gaiement bronzetant sur le bateau. Une belle équipe de touristes.
La journée de lendemain fut un digne croisement entre Bambi et Cendrillon, je ne la raconterai cependant pas vu que guigui s’en est très bien chargé sur son blog que vous trouverez en lien sur la colonne de droite. Que c’est joliment dit.
Bien le bisou,
Namastic les moustiques.
16 mars 2006
Happy holi
Hier c était saint holi, jour férié pour cause de bordel urbain. Le principe est simple. Se défoncer au bhang et courir dans les rues en se balançant toutes sortes de fantaisies colorées a la gueule, poudre, eau, œufs, enfin plein de petites choses qui ne partent qu avec le coté vert de l éponge. Et encore je pense que l’on prendrait l’avion aujourd’hui on se retrouverait en quarantaine pour cause de « c’est quoi ces petites taches rouges la sur votre visage avez-vous été en contact avec des poulets récemment ? ». Enfin, bref. Seul petit bémol à apporter à cette fête à exporter a tire-larigot et en Europe également, le principal de l’action, dont la répartition de bhang, se déroule le matin. A quatre heures de l’aprèm, ils sont tous sous la douche. Mouais, ça ne fait pas très sérieux ça.
Mais ça n’en reste pas moins complètement fascinant, une atmosphère irréelle, la ville n’est que champ de bataille, cris, guerres, trahisons, et étranges êtres déambulants dont on ne voit parfois même plus les yeux tellement la couche de merde qu’ils ont sur le corps est importante. Enfin, sur la gueule car, comme chacun le sait, les yeux se trouvent sur le visage.
Enfin, en regardant mes mains tapoter sur le clavier, enfin, mes doigts, car comme chacun le sait… mais je m’égare.
Bref, bref, bref, j’ai un peu l’impression d’avoir aider une vache a accoucher ce matin.
Ce fut donc une journée emoustouflante que je ne peux malheureusement pas illustrer avec des photos de ville vu qu’il me paraissait dangereux d’emporter mon appareil dehors. Je n’ai donc que quelques cliches des bichons et de Jesper (enfin !) a notre retour. Mais ça donne tout de même une idée…
14 mars 2006
Namen
Avant d’écrire Rishikette c’était bien c’était chouette, si tant est que je le fasse un jour, je voudrais faire un petit point sur notre situation immobilière qui, après de longues journées interminables d’incertitudes, s’est finalement stabilisée grâce il faut bien le dire a un admirable dégagement de nous. Chopichop ! Je vous épargne les dernières négociations, les plans d’attaque et de vengeance, les tables rondes et les signatures d’armistice. Ce qu’il faut retenir, c’est que le 46 Navjivan Vihar n’est plus, et que du statut de planning familial pour squatteurs esseulés nous sommes passés à celui de squatteurs esseulés. Mais alors attention on fait ça bien, très professionnel, tout de suite, pas d’hésitations, on envahit sans pitié.
J’ai donc la fierté, la joie et le bonheur partagé de squatter la chambre des bichons Guigui et Louis, amis pour la vie.
Petite présentation rapide qu’on rigole, tant qu’à faire.
Louis est stagiaire alsacien d’école de commerce à l’ambassade de France. (J’avais prévenu, ça met de bonne humeur). Il pense que la nouvelle génération a reporté son racisme anti-noirs/anti-arabes sur les alsaciens qui souffrent d’une discrimination permanente. Louis est drôle. Louis est régulièrement en décalage avec le reste du monde. Louis affirme les pires insanités sans ciller. Louis affirme d’ailleurs régulièrement ses convictions alors que dans le fond, il n’en a pas. Louis aime bien se promener dans son appart en jouant de la guitare comme le mec dans Robin des bois. Louis n’ira jamais se coucher sans se laver les dents, quelque soit son état. Louis est très tenté mais il ne peut pas manger ce gâteau au chocolat car il s’est déjà lavé les dents. Louis le nie, mais il adore son nom de famille. Louis est chiant, régulièrement en crise d’adolescence, susceptible, de mauvaise foi. Louis est attentionné ; le matin, Louis dit : Mais non, tu peux pas sortir comme ça demande à Guillaume il doit avoir une crème… Bref, Louis est drôle. Et il a une voix fabuleuse.
Guigui est également alsacien, mais c’est un sciencepotteur, ce qui est tout de même plus léger. Guigui a sur la tête une crinière de feu et même un je ne sais quoi de Yakari dans les yeux. Guigui fait souvent des rires, des bruits bizarres, du genre gniark gniark gniark, et il les retransmet aussi très bien par écrit. Guigui aime dire caca, bite et vomi. Guigui a une admiration secrète pour Jesper. Au fil du temps, Guigui parle de plus en plus anglais avec un accent danois. Guigui aime Varanasi. Guigui n’arrive pas à prendre une décision. Guigui est insupportable quand il essaie de prendre une décision. Guigui chante très bien, et Guigui est gentil, patient et attentionné, pour de vrai. Guigui danse n’importe comment, Guigui simule l’entrain a merveille à coup de Youhou ouais super ! Guigui a des tendances raisonnables, responsables, mais Guigui est également assez influençable. Guigui ne ressemble a rien en caleçon, sweat-shirt et casque de rafting sur la tête, mais lui, au moins, il rame. Guigui veut bien parler sur msn pendant toute une après-midi parce que le boulot, c’est chiant, et qu’on est des ouf. Bref, Guigui est fantastique.




